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Histoire courte et personnelle de Robert Fripp
Par Roger Grastek


Le rock progressif : L'ère nouvelle de la poésie expérimentale

Même si certains se font aujourd'hui un plaisir de l'oublier, le rock des années 70 est principalement marqué au sceau du progressif et de ses principaux seigneurs. Souvenez-vous. Fin 60, le Sergent Pepper des Beatles ouvre la voie : rythmes vibrants, révolte juvénile et plaisir primitif ne suffisent plus. On recherche l'aventure, l'esprit et les tympans souhaitent se nourrir d'une spiritualité nouvelle. Outre-Manche, le hard des Who fait d
es ravages ; le psychédélisme du Grateful Dead et de Jefferson Airplane résonne outre-Atlantique, alors que Hendrix lui donne enfin forme humaine. Le Pink Floyd de Syd Barrett et le Soft Machine de Robert Wyatt défrichent les terres des premières débauches électrico-planantes, les Moody Blues et Procol Harum posent les jalons d'un nouveau symphonisme des temps modernes. King Crimson, Yes et Genesis seront les chefs de file de cette tendance naissante qui fragmentera le public. D'un côté, le peuple des rockers se veut pur et dur ; ils honnissent ouvertement cette musique essentiellement cérébrale qui, selon eux, est exempte du feeling, de l'émotion primaire qui doit représenter le rock, le vrai rock, celui des blousons de cuir, des rythmes binaires et des révoltes adolescentes. De l'autre côté, les fanas de progressif sont convaincus de la suprématie de "leur" musique, fatalement damnée car mésestimée. Le mutisme des grands médias les pousse vers la paranoïa. Et puis enfin, entre les rockers bornés et les intégristes du progressif, on trouve le mélomane inattentif, celui qui n' a jamais de sa vie entendu parler de ce terme quelque peu barbare : le rock progressif. Sa principale marque de fabrique : briser en quasi-permanence le sempiternel carcan couplet/refrain, composer fréquemment des morceaux à tiroirs où s'enchaînent - et parfois se déchaînent - plusieurs phrases musicales, le tout, en multipliant les variantes rythmiques, les poussées de fièvre et les accalmies mélodiques. Cette école donnera naissance à des groupes aussi divers que Emerson, Lake and Palmer, Van der Graaf Generator (pilotée par un génie du nom de Peter Hammill), Yes (et son Jon Anderson), Genesis (bientôt abandonné par Peter Gabriel), Jethro Tull (et son Ian Anderson), Camel (et son grand Andy Latimer), Gentle Giant, Caravan (et les frères Sinclair), UK (et ses ex-Crimson) et plus tard, Twelfth Night, Marillion, Pendragon, IQ, Pallas, Anekdoten, Anglagard pour ne citer que les plus importants, et Ange, Richard Pinhas et Heldon pour ne pas oublier l'Hexagone. Il n'en demeure pas moins que le terme rock progressif voit le jour en cette fin des années 60, sans doute en 1969 avec la sortie de In the Court of the Crimson King et de sa face purpurine. Il incarne un rock sophistiqué souvent très mélodique, qui vise volontiers le grandiose et les expérimentations. Le mouvement hippy, la vague psychédélique et la quête du Graal acide ont tout transformé : on s'efforce désormais d'explorer, d'expérimenter, d'aller plus loin. King Crimson dirige le mouvement, mène la danse, autant que faire se peut. On le considère déjà comme le fossoyeur des 60's, l'inventeur du rock progressif, l'éternel précurseur, l'empereur des 70's, le seigneur de l'avant-gardisme, une légende, un caméléon sonore qui change de couleur au gré des saisons qu'il traverse. Mais revenons en 1946.

Extrait de Robert Fripp ou le refus des conventions
de Roger Grastek



Robert Fripp